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COVID-19 : Les mesures du Cours Clément

Avec la crise sanitaire que nous subissons, vous avez des questions et des inquiétudes qui sont parfaitement légitimes.

Rassurez-vous, le Cours Clément fera tout son possible pour que vous puissiez répéter dans les meilleures conditions et pour qu'aucun élève ne soit lésé si les cours venaient à s'arrêter. 

Quelles que soient l'évolution de l'épidémie et les futures décisions gouvernementales, nous nous engageons à lancer la rentrée avec la plus grande vigilance sanitaire pour que vous puissiez apprendre et vous amuser en toute sécurité.

Mesures sanitaires :
A date, il n'existe aucune contre-indication pour la reprise d'une activité théâtrale.
Néanmoins, il est important de mettre en place et de respecter quelques mesures sanitaires pour le confort et la santé de tous. Ces mesures seront à nouveau présentées et expliquées par votre professeur(e) lors du Cours d'essai : 

> Le port du masque sera obligatoire lors des déplacements dans l'enceinte de l'école (ou des lieux de répétition) avant d'entrer dans la salle de cours. Lorsque l'élève ne sera pas sur le plateau en train de répéter / travailler, il sera recommandé de porter le masque. Lors des exercices individuels et des exercices où la distance de sécurité pourra être respectée, le masque ne sera pas obligatoire. 

> Du gel hydro-alcoolique sera mis à disposition dans les lieux de répétition.  

> Les salles de cours et espaces de vie seront réaménagés autant que possible pour garantir les distances de sécurité.

> Les locaux seront nettoyés, désinfectés et aérés quotidiennement.


Vous comptez sur nous. Nous comptons sur vous. Sur le respect de ces consignes et sur le fait de rester vigilants quant à votre propre état de santé : ne venez pas en cours si vous êtes fiévreux. 

Confinement : 
Aujourd'hui, nous ne savons pas si un nouveau confinement aura lieu ou si les activités théâtrales devront faire une pause. 

Quelles que soient les décisions prises par le gouvernement, nous ferons le nécessaire pour que nos élèves ne soient pas lésés. 

S'il y a un nouveau confinement en octobre / novembre, nous pourrons par exemple proposer un report des cours sur le reste de l'année. Encore une fois, nous mettons un point d'honneur à ce que nos élèves ne soient pas perdants dans un contexte que nous savons difficile pour tous. 

Pour preuve, la saison dernière, le Cours Clément a été une des rares écoles à proposer des compensations (avoirs valables sur 18 mois) suite à cette année tronquée.  

Spectacles de fin d'année : 
Il est évidemment trop tôt pour se projeter sur les mois de mai et juin 2021. On espère que d'ici là, cette sombre période sera derrière nous. 
Mais sachez que le Cours Clément a déjà signé les dates des spectacles avec les plus beaux théâtres parisiens : Théâtre de l'Oeuvre, Palais des Glaces, Comédie de Paris et Théâtre Montmartre Galabru ! Le tout pour offrir, comme toujours, la plus belle expérience de scène à nos élèves. 

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Interview des professeurs : Victorien ROBERT

Découvrez l'interview de Victorien, ou comme on dit dans le métier : le Patrick Dempsey français. Il aurait pu être le prochain chirurgien en chef dans Grey's Anatomy mais il a préféré dire OUI au Cours Clément et offrir son univers théâtral à ses élèves. L'avantage de l'avoir comme professeur : il saura mettre un pansement si vous vous coupez avec les feuilles de votre texte !!

Depuis combien de temps es-tu prof ? Et prof au Cours Clément ?
2 ans, et en exclusivité pour le Cours Clément!

Quel est ton parcours théâtral ?
Je suis comédien depuis maintenant une bonne quinzaine d’années. Je touche un peu à tout, beaucoup au théâtre, pas mal à la mise en scène, de plus en plus à l’écriture et aussi un peu de fictions télévisées, de pubs, de voix, de lectures d’audiolivres. Il y a toujours quelque chose à jouer!

Je travaille depuis plusieurs années avec la compagnie Viva, actuellement dans "Le Dindon" et "Le Misanthrope", et je prépare pour l’an prochain la mise en scène de "Porn For The Blind", un spectacle que j’ai écrit.

Est-ce que tu te souviens de ton premier cours ? De ton premier spectacle ?
Pendant mon premier cours dans une école professionnelle, le prof nous demandait de traverser la salle en criant des trucs du genre « je déteste le chocolaaaat » et en engageant tout le corps. On a refait ça plusieurs semaines. Comme on était tous trop sérieux dans notre approche des choses, on ne comprenait pas qu’il nous demande juste de lâcher, d’oser être un peu fous, un peu moches, que c’est là que ça devenait intéressant.

Pour mon premier spectacle, c’était une pièce très décalée de Fernando Arrabal, et je portais une redingote et des talons aiguille. Vingt ans plus tard, je suis en tournée ans avec "Le Misanthrope" et je porte.... une redingote et des talons aiguille. Si c’est un signe, je veux bien une explication.

Meilleur / pire souvenir de théâtre ?
Ce n’est pas un souvenir de jeu. Mais le soir de la première pour ma première mise en scène. Ça s’appelait "Italienne Scène", de Jean-François Sivadier, et on ne savait pas du tout comment on serait reçus. Et ça a été un grand succès. Les gens pleuraient de rire dans la salle! Il est vraiment très agréable ce moment où on montre un spectacle au public pour la première fois, où on a le sentiment d’être allé au bout du projet.

Pire souvenir : Il y a quelques mois je jouais "le Dindon" au Théâtre Dejazet, dans un contexte de grève, donc avec très peu de public. Je reprenais le rôle principal, c’était seulement ma deuxième représentation, et un monsieur qui semblait avoir énormément bu s’est installé au premier rang et a réagi (très fort) à CHAQUE réplique du spectacle.

Moi j’ai très mal vécu tout cela. Je voulais qu’on arrête, j’avais l’impression que le public n’en pouvait plus. Mais à la fin, tout le monde était content, visiblement pour les gens le spectacle avait été aussi bien sur scène que dans la salle. Comme quoi on ferait mieux de ne jamais penser à la place des autres !

Une anecdote dingue / drôle ?
À Avignon, un copain tracte dans la rue. Tout à coup, un spectateur, qui attend sous le soleil pour entrer dans un théâtre, s’effondre, victime d’un infarctus. Mon copain improvise un massage cardiaque alors qu’il n’a jamais fait ça de sa vie. Je crois bien qu’il casse quelques côtes au passage, mais le monsieur reprend connaissance et survit. Et pendant tout ce moment, mon pote porte un T-shirt avec écrit en gros le titre du spectacle dans lequel il joue : "Le Médecin malgré lui".

Quel est l’esprit que tu essaies d’insuffler dans tes cours ?
Je veux de la légèreté et malgré tout de la rigueur. Que mes élèves, qui sortent souvent du boulot, n’aient pas le sentiment d’aller se coltiner un patron de plus, mais qu’ils soient en revanche dans une pratique artistique qu’ils peuvent prendre au sérieux. Pour résumer, on essaie d’apprendre le plus possible en rigolant aussi beaucoup.


Comment tu décrirais ton travail / ta méthode ?
J’essaie avant tout de travailler sur le lâcher-prise et la compréhension du texte. Bien savoir ce qui se joue et s’engouffrer dans des propositions fortes.

Je ne me dis jamais que, parce que la pratique est amateur, on doit en attendre moins de force et d’intensité.

Et ensuite je m’adapte à chacun. Le théâtre, se trouver sur un plateau, ça peut être assez violent, alors j’essaie d’être le plus encourageant, de noter à chaque fois les points positifs, les progrès. À force, je commence à connaître les exercices qui fonctionnent très bien et ceux qui sont moins bien reçus.

Enfin, autant que possible, mes cours ne se ressemblent pas. Certes, il y a toujours une partie de training, suivie d’un peu d’impro et enfin de travail de textes, mais je n’aime pas trop refaire les mêmes exercices.

Qu’est-ce que tu aimes monter comme spectacle ? Quel théâtre aimes-tu ?
Cette année j’ai écrit un spectacle pour un de mes groupes. On verra si je renouvelle l’expérience, mais c’était agréable d’écrire en pensant à des gens en particulier.

Ça m’a permis d’y glisser aussi bien des scènes drôles que des scènes plus chargées d’émotion, et également des scènes chorales. C’est un peu tout ce que j’aime, à vrai dire. J’aime le théâtre grave qui ne se prend pas au sérieux, et j’aime aussi les comédies intelligentes, qui vont chercher le rire un peu plus finement.

Et le texte aussi! Pourquoi parler comme on parlerait dans une cuisine avec ses potes? Pourquoi ne pas profiter de la scène du théâtre pour jouer des choses un peu écrites, accepter que la langue soit un peu riche?

Ce que tu aimes chez un comédien / une comédienne ?
Pour moi, la qualité première d’un comédien ou d’une comédienne, c’est sa disponibilité à faire les choses, à accepter de plonger et de faire confiance au metteur en scène, et ainsi de se laisser surprendre par ce qui arrive. J’aime bien quand les acteurs ont des idées, font des propositions, quand on construit le spectacle tous ensemble.



LE PORTRAIT « CLÉMENT » :

Si tu étais une pièce de théâtre ?
Peer Gynt d’Henrik Ibsen
Si tu étais un auteur de théâtre ? Wajdi Mouawad (mais quand on est une groupie on dit Wajdiiiiii)

Si tu étais un comédien / une comédienne ? Bon, je suis pas mal vexé par la question, parce que je croyais déjà être comédien, mais si je ravale mon orgueil, je suis secrètement amoureux de Jean-Pierre Bacri depuis des années.

Si tu étais un personnage ? Madame Bovary

Si tu étais un plat ? Des profiteroles au chocolat

Si tu étais un film ? The Lost City of Z, de James Gray

Si tu étais un livre ? La conjuration des imbéciles

Si tu étais une destination de vacances ? Juste une place de village dans n’importe quel petit patelin ensoleillé l’été. Des gens qui jouent à la pétanque. Mais pas moi parce que je suis super nul à la pétanque. Juste le bruit des gens qui y jouent. Une terrasse et surtout des copains.

Si tu étais une œuvre d’art ? Plutôt un Braque. Ou un Vasarely.

Si tu étais un super pouvoir ? Arrêter le temps

Si tu étais une réplique de film / théâtre ou citation ? "Je me suis rarement perdu de vue; je me suis détesté, je me suis adoré; puis nous avons vieilli ensemble" (Paul Valery)

Si tu étais un personnage de Friends ? Gunther, le serveur amoureux de Rachel. La nuit je pense qu’il fait des trucs bizarres et pourtant terriblement romantiques, comme reconstituer des portraits d’elle avec des Tic Tac, ou collectionner les mugs sur lesquels elle a laissé son rouge à lèvres. Il aurait du y avoir un spin-off sur ce personnage, enfin ce n’est que mon avis.

Si tu étais un sport ? La marche sportive. Pour le déhanché évidemment.

Michel Sardou ou Johnny Hallyday ? Johnny !

Messi ou Cristiano Ronaldo ? Messi... mais de plus en plus Ronaldo (et ça me fait mal de l’admettre bordel)

Koh Lanta ou Top Chef ? Je n’ai pas la télé, je fais comme si je connaissais chaque fois qu’on me parle des ces émissions mais j’ai pas vu un épisode de Koh Lanta depuis 2007.

Film ou série ? Une bonne série. Mais avec une vraie fin.

Fiction ou réalité ? Réalité, parce que la vie a beaucoup plus d’imagination que nous!

Boire ou conduire ? Je bois beaucoup mieux que je ne conduis.

Adam ou Eve ? Ève, bien sûr. Les hommes, quand ils passent à l’action, sont tout juste bons à se coincer un morceau de pomme dans la gorge.

César, Oscars, Molière ou Palme ? Allez je prends la Palme, mais c’est vraiment parce que c’est vous.

Comédie ou Tragédie ? Tragédie. Mais j’aime rire hein ahah je suis pas du tout un comédien torturé ahahah (rire de malaise)

Monologue ou Dialogue ? Dialogue.

Improviser ou suivre le texte ? Suivre le texte (bordel)

Sexe ou amour ? Le sexe AVEC de l’amour, c’est vraiment ce qu’il y a de mieux.

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Victorien Robert

Le théâtre : un outil pour vaincre sa timidité ?

Nombreux sont les élèves des cours de théâtre à « se faire violence » et à monter sur scène pour apprivoiser leur timidité. Une audace qui porte ses fruits !

Le mot « timide » vient du verbe latin « timere » qui signifie « craindre ». Mais que craint donc le timide ? Le regard des autres ? La peur de se tromper ? D’être ridicule ? Sûrement un peu tout ça à la fois… La timidité n’est pas une mauvaise chose en soi ! Un grand nombre d’acteurs connus et reconnus sont de grands timides ou d’anciens timides maladifs. Jean-Louis Trintignant, Catherine Deneuve, Philippe Torreton… Tous admettent appartenir à la grande famille des timides. Certains en ont même fait une force. A l’image de François Cluzet, qui voit dans la timidité un vivier d’émotions : « Quand on est timide on garde tout en soit, et un acteur ne peut pas aller jouer s’il n’a rien en réserve ». Il ne s’agirait donc pas de « vaincre » sa timidité mais plutôt de l’apprivoiser afin qu’elle ne soit pas vécue comme une souffrance, une entrave dans la vie personnelle et professionnelle, un handicap pour la prise de parole au quotidien. C’est en cela qu’il est intéressant pour les timides de se pencher sur les vertus du théâtre en tant que moyen d’expression, de lâcher prise et de reconquête de l’estime de soi.

S’habituer au regard des autres

Faire du théâtre c’est se ménager un rendez-vous hebdomadaire avec les autres. L’esprit de troupe qui naît au sein des cours de théâtre favorise un climat d’écoute et de bienveillance. En s’habituant progressivement au regard des autres, et en découvrant que celui-ci est la plupart du temps très bienveillant, être sur scène n’est alors plus vu comme une épreuve insurmontable. Au contraire ! Au fil des cours, le « plateau » tant redouté devient l’opportunité d’oser, de s’exprimer, de surprendre ses camarades voire de se surprendre soi-même.  



Apprendre des autres

Par ailleurs, durant les cours de théâtre, il est courant d’alterner les phases de jeu et les moments dans le public en tant que spectateur. La frontière entre ces deux rôles, celui du regardant et du regardé, devient de plus en plus poreuse au fil de la pratique théâtrale. Observer les autres jouer c’est mieux comprendre les failles et les facilités de chacun. Le timide, s’il a plus de mal à extérioriser ses émotions au début, peut par exemple faire preuve d’un imaginaire foisonnant, d’une capacité d’observation plus développée…autant de qualités qui enrichiront son jeu une fois sur scène !

Avancer masqué

Interpréter un rôle est l’occasion de s’exprimer en endossant les habits du personnage. D’ailleurs le « personnage » se rapporte étymologiquement le masque de l’acteur. Les timides peuvent se sentir libérer par ce masque qui leur permet de se livrer en atténuant la peur du jugement. Le travail de construction du personnage facilite la familiarisation avec cet autre que soi tout en puisant dans ses émotions propres. Bref en jouant, le timide peut tout oser en avançant l’argument imparable : « C’est pas moi c’est le personnage ! »

S’amuser pour s’oublier

Au-delà de l’appréhension du regard des autres, c’est souvent le regard que l’on porte sur soi qui freine l’expression. Rien de pire pour l’acteur que de « se regarder jouer ». Le moment privilégie du cours de théâtre est une invitation à renouer avec la dimension ludique de l’expression, avec le plaisir du jeu. En étant tout entier à la scène qui se joue, le timide s’oublie et oublie ses craintes par la même occasion. Et une fois libérés de leurs entraves, les timides peuvent aller bien plus loin que les autres ! Prendre confiance dans le cadre d’un atelier théâtre peut ainsi être la première étape pour oser prendre la parole dans d’autres situation professionnelles ou personnelles…sans avoir à porter de masque cette fois !

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Interview des professeurs : Hélène ARNAULT

Depuis combien de temps es-tu prof ? Et prof au Cours Clément ?
16 ans. J'entame ma 8ème année. La moitié de ma vie de prof, dis donc !

Quel est ton parcours théâtral ?
J'ai découvert le théâtre à l'âge de 11 ans avec une prof géniale et depuis ça ne m'a pas lâchée.
J'ai eu la chance d'intégrer l'ENSATT à Lyon. 3 ans à pratiquer toutes les disciplines du théâtre avec de grands pédagogues et metteurs en scène : Improvisation, Commedia dell'arte, alexandrin, acrobatie, danse, voix, chant, diction. Une mine d'or !

Depuis j'ai joué dans de nombreuses pièces classiques et contemporaines sous la direction entre autres de Richard Brunel, Brigitte Jacques, Christian Van Treskow, Suliane Brahim, Bertrand Suarez Pazos, Hala Ghosn, Joël Dragutin...

J'aime toucher à tout. Ce qui m'a amenée à naviguer dans de multiples univers et disciplines frontalières du théâtre : La marionnette et le théâtre d'objets au sein de la compagnie Turak avec qui j'ai tourné en Europe et en Asie ; Le Masque et le clown avec Mario Gonzales, un grand déclic qui donne naissance à mon clown masqué : Josy ! Pour elle, j'ai écrit et tourné deux spectacles : " Josy " et " Viens voir dans ma tête, c'est pas rangé" ; Le jeu caméra avec Bob Mac Andrew, Blanche Sallant, Patricia Sterlin. Toutes ces facettes du théâtre se nourrissent les unes les autres. L'enseignement aussi me nourrit énormément, c'est super enrichissant de voir les élèves évoluer, de chercher ce qui va fonctionner pour l'un mais pas pour l'autre. Ça m'oblige à me questionner sur comment moi-même je fonctionne, ce qui marche pour moi.

J'ai fait mes premières armes de prof en enseignant auprès de lycéens en option théâtre pour le baccalauréat. Cela m'a permis de bien réviser mes classiques et d'aiguiser mon oeil de metteur en scène.

Est-ce que tu te souviens de ton premier cours ? De ton premier spectacle ?
Mon premier cours, c'est avec une classe de terminales qui va passer "l'illusion comique" de Corneille au bac théâtre. Grosse pression ! Comment monter en quinze séances une pièce en alexandrins avec des lycéens... ? Qu'ils s'amusent et que ce soit vivant..? Finalement ça a été génial. On a mélangé jeu d'acteurs et théâtre d'objets, des poireaux se sont mis à dire des alexandrins. Et ils ont eu de très bonnes notes au Bac.

Meilleur / pire souvenir de théâtre ?
Le festival international de théâtre universitaire à Casablanca au Maroc, une quarantaine de troupes du monde entier, logée pendant 10 jours dans une cité universitaire ! On joue une adaptation en théâtre gestuel d'un texte de Victor Hugo sous le portrait du roi Hassan 2 ! Une expérience incroyable !

Le pire souvenir : Je joue Agnès dans « l'école des femmes » de Molière dans une faculté à Montréal. En plein milieu de ma tirade mythique le petit chat est mort, la moitié de la salle se lève et sort... Grand moment de solitude !

J'ai compris après la représentation que les étudiants avaient un autre cours et que la consigne était de s’y rendre à l’heure, quoi qu’il arrive…

Une anecdote dingue / drôle ?
L'année dernière, je joue dans un festival dans le quartier de la Goutte d'or à Paris. On est programmé à 19H dans un bar qui retransmet en direct les 1/4 de finale de football de la coupe d'Afrique. Malheureusement pour nous il y a des prolongations ! Le spectacle est décalé d'une demi-heure...évidemment c'est ce jour-là que la responsable de la DRAC théâtre qui subventionne la compagnie nous fait la surprise de venir. On fait patienter les spectateurs. Mais au bout de vingt minutes de prolongations, le patron du bar sort en larmes et nous annonce qu'il y a un décès dans sa famille et que le bar ferme pendant 40 jours....

On ne se démotive pas, on cherche un autre bar qui magiquement nous ouvre sa terrasse pour jouer. On déplace tous les spectateurs et on commence enfin le spectacle avec une heure de retard. Mais au bout d'une demi-heure, c'est la victoire des "Fennec" Algériens contre les "Eléphants" ivoiriens. On finit le spectacle dans un concert de klaxon, à improviser avec les supporters au milieu d'une euphorie générale ! La responsable de la DRAC est conquise : " Ça c'est du spectacle vivant !" The show must go on !

Quel est l’esprit que tu essaies d’insuffler dans tes cours ?
Plaisir, esprit de troupe, confiance, ludisme. Comme je dis à mes élèves en début d'année, le théâtre, c'est prendre du plaisir, si on ne prend pas de plaisir, le spectateur n'en prendra pas non plus. On appelle bien ça "jouer" une pièce ! Et puis oser, se dépasser, ne pas se juger, lâcher prise !

Comment tu décrirais ton travail / ta méthode ?
Pour avoir expérimenté beaucoup de méthodes, j'ai constaté que dans chacune d’elles, certaines choses fonctionnaient pour moi et d'autres moins, voire pas. J'initie donc mes élèves à différentes techniques inspirées de plusieurs écoles d'acting : Actors studio, Meyherold, Meisner, travail sur l'imaginaire, Commedia dell'arte... Chacun expérimente ce qui fonctionne pour lui et invente sa propre recette ! Ce qui est sûr, c’est que j'aime que ça passe par le corps. On réfléchit, on analyse les scènes, les personnages, on fait des choix en amont mais quand on est sur scène "on éteint son cerveau" et on laisse son instinct, son corps, ses émotions s'exprimer. On est ici et maintenant. On joue quoi ! Et c'est jubilatoire !

J'attache une grande importance au travail sur les émotions, on a peu l'habitude de laisser s'exprimer nos émotions. Combien d'élèves m'ont dit : Mais moi je ne peux pas jouer la colère, je ne me suis jamais mis en colère...

Pourtant qu'est-ce que ça fait du bien une bonne colère ! Le théâtre est le lieu où l'on peut laisser libre cours à ses émotions, la colère, la peur, la tristesse, le fou rire ! Et puis bien sûr, le personnage. Créer un personnage. Ne plus être soi ! On travaille sur plein d'archétypes de personnages, puis chacun affine en s'inspirant de personnes qu'il connaît, qu'il a vu dans la rue, de personnages de romans, de films, de séries...

Qu’est-ce que tu aimes monter comme spectacle ? Quel théâtre aimes-tu ?
J'aime monter des spectacles de groupe, c'est pour moi l'essence du théâtre, jouer ensemble. Je choisis aussi des textes qui permettent de mettre le corps en jeu. Et avec de l'humour. Des textes contemporains nous parlant d'aujourd'hui mélangeant humour et fond, ça c'est le must ! Je fais partie d'un comité de lecture de théâtre européen du 21ème siècle. J'y découvre des nouvelles écritures, des nouvelles formes théâtrales qui nous parlent d'aujourd'hui. C'est très riche et je puise dedans pour mes cours. Le théâtre que j'aime est très varié, ce qui m'importe c'est d'être touchée d'une manière ou d'une autre et sentir une démarche, un propos.

Pour citer quelques metteurs en scène qui me touchent ou m'ont touché : Peter Brook, ma première claque théâtrale avec sa mise en scène de la tempête de Shakespeare, Ariane Mnouchkine, notamment son adaptation contemporaine du Tartuffe de Molière, et puis le Théâtre du Soleil et les Bouffes du Nord, ce sont des lieux incroyables, rien qu'en y entrant on sent l'âme du théâtre ! Et puis Jean-François Sivadier, Eric Lacascade, Anne-Laure Liégeois...

Ce que tu aimes chez un comédien / une comédienne ?
Sa singularité, qu'il ose être là avec ses qualités et ses défauts.



LE PORTRAIT « CLÉMENT » :


Si tu étais une pièce de théâtre ?
Le monstre du couloir de David Greig. Une pièce de dingue qui offre plein de possibilités de mise en scène. Elle parle d'un sujet sensible avec beaucoup d'humour. Un génial terrain de jeu pour les comédiens et les metteurs en scène !

Si tu étais un auteur de théâtre ? Et bien David Greig, allez ...!

Si tu étais un comédien / une comédienne ? Gena Rowlands dans " Opening night" de Cassavetes ! La grande classe !

Si tu étais un personnage ? Arghhh il n 'y a que des personnages masculins qui me viennent...du problème de l'infériorité numérique des personnages féminins au théâtre...ah si... Célimène dans le Misanthrope ! Ce qui me permet de rajouter, que je choisis toujours des pièces avec des personnages féminins intéressants à jouer !

Si tu étais un plat ? Un mezze libanais, pour les différentes saveurs, le soleil, et le voyage !

Si tu étais un film ? Un film d'Almodovar. Lequel.. ?... ouahou… dur de choisir !

Si tu étais un livre ? Lignes de faille de Nancy Huston

Si tu étais une destination de vacances ? Une île grecque au début du mois de juin, une plage déserte, des oliviers, des volets bleus et....

Si tu étais une œuvre d’art ? Un tableau de Klimt.

Si tu étais un super pouvoir ? Le don d'ubiquité, pour vivre 50 vies différentes !

Si tu étais une réplique de film / théâtre ou citation ? La sagesse, c'est d'avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu'on les poursuit !

Film ou série ? Les deux ! Mais en ce moment, série. La casa de Papel me fait mon confinement !

Fiction ou réalité ? Fiction

Boire ou conduire ? Pendant les cours, jamais ! Après...

Adam ou Eve ? Eve évidemment !

César, Oscars, Molière ou Palme ? Molière, el teatro !

Comédie ou Tragédie ? Tragicomédie !

Monologue ou Dialogue ? Dialogue

Batman ou Joker ? Le joker, le personnage est génial à jouer !

Improviser ou suivre le texte ? Le texte mais avec le sens de l'improvisation ;) !

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Les secrets de coulisses au théâtre !

Secrets de coulisses…

Chaque corps de métier a son jargon, son florilège de superstitions et de traditions. Et de ce point de vue, le théâtre n’est pas en reste ! Nous vous proposons ici de revenir brièvement sur les dessous des traditions les plus connues et qui sont encore bien ancrées dans le paysage théâtral. Un inventaire non exhaustif !

Pourquoi dire « merde » pour souhaiter bonne chance à un comédien ?
Avant une représentation, ne vous avisez surtout pas de souhaiter platement « bonne chance » à un comédien… Ce dernier attend de recevoir un enthousiaste et bienveillant « merde » ! Cet encouragement peu banal tiendrait son origine du crottin déposé par les chevaux attelés aux calèches des spectateurs. La quantité de crottin étant alors corrélée au nombre de spectateurs se pressant à l’entrée du théâtre, le fameux « merde » prend tout son sens !

Pourquoi ne faut-il pas offrir un bouquet d’œillets à une comédienne ?
Remplacez plutôt les œillets par les roses ! En effet ces dernières symbolisaient la reconduite du contrat de la comédienne à l'époque où les théâtres avaient encore des acteurs permanents. A l’inverse, la comédienne qui se voyait recevoir un bouquet d’œillets, moins coûteux, comprenait qu’elle était remerciée.

Pourquoi le vert porterait-t-il malheur sur une scène de théâtre ?
L’historien des couleurs Michel Pastoureau revient sur l’histoire de cette superstition. Selon lui « Au XVIème siècle, la couleur dit un peu le rôle que l’on remplit sur la scène de théâtre » et « Le comédien qui joue en vert n'a pas un vêtement teint mais un vêtement peint ». Plus précisément, le vêtement est peint au vert-de-gris, un produit de corrosion du cuivre. Or il s’agit d’un pigment extrêmement toxique qui met en danger le comédien le portant.

Par ailleurs, la superstition se voit renforcée par la légende qui veut que Molière soit mort sur scène habillé…en vert !

Pourquoi ne peut-on pas prononcer le mot « corde » sur un plateau de théâtre ?
Cette superstition, comme plusieurs autres, vient du monde de la marine. Les régisseurs étaient dans un premier temps souvent issus des rangs de la marine, ces derniers ont donc emporté avec eux quelques-unes de leurs superstitions au sein des théâtres. Dans la marine donc, chaque cordage a un nom spécifique mais le nom générique « corde » est proscrit car il renvoie à un instrument de supplice. Le mot tabou pourrait également renvoyé au désespoir des comédiens miséreux retrouvés pendus dans leur loge de théâtre. La dernière piste d’explication serait liée au risque d’incendie dans les théâtres, notamment à l’époque de l’éclairage à la bougie. La « corde » renvoyait alors au signal de sécurité pour déverser les litres d’eau retenues dans les réservoirs pour éteindre les flammes. Pour ne pas déclencher de fausse alarme le mot était donc réservé aux situations d’urgence.



Pourquoi ne faut-il pas siffler sur scène ou en coulisses ?
Siffler sur scène ou en coulisses attirerait les sifflets du public. Cette superstition peut avoir plusieurs origines. L’une serait que les régisseurs de théâtre, (pour beaucoup d’anciens marins) utilisaient justement des sifflements codés pour communiquer entre eux les changements de décors. D’où le risque de confusion si un acteur se mettait à siffler en plein spectacle… L’autre explication viendrait de l’époque où les théâtres étaient éclairés au gaz. Le sifflement se rapprochant du bruit émis par une fuite de gaz, il a été tenu pour interdit de siffler dans un théâtre.

Pourquoi la pièce de Shakespeare « Macbeth » est-elle réputée maudite ?
La tragédie de Shakespeare est réputée maudite. C’est pourquoi on évite de prononcer son titre. On préfèrera parler de « la pièce écossaise ». Les acteurs interprétant les rôles principaux sont eux-mêmes désignés sous le nom de M et Lady M.

La supposée malédiction de la pièce est peut-être due aux scènes de combat, plus nombreuses que dans les autres pièces du maître anglais, et qui représentent autant de risques d’accidents.

L’explication purement économique serait que Macbth était généralement programmée dans les théâtres en difficultés financières car sa popularité assurait le renflouement des caisses. Ou à l’inverse, l’autre hypothèse est que le coût de production de la pièce sont si élevés qu’elle représente un suicide économique !

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